Comprendre. Agir. Respirer.RSS
← Le journal
/ Biodiversité

Feuilles mortes au jardin : où les laisser pour aider la biodiversité ?

Les feuilles mortes peuvent abriter la petite faune et enrichir le sol. Découvrez où les laisser au jardin, et quelles zones garder dégagées.

Feuilles mortes déposées au pied d’une haie dans un jardin.

À l’automne, les feuilles mortes s’accumulent sur les pelouses, les allées et au pied des arbres. Les ramasser partout peut sembler être le moyen le plus simple de garder un jardin net, mais ces feuilles forment aussi un abri et une ressource pour la vie du sol. Les laisser en place ne signifie pas renoncer à tout entretien : l’enjeu est plutôt de choisir les endroits où elles sont utiles, et ceux où elles risquent de gêner les plantes ou les usages.

Une couche de feuilles offre des cachettes à de petits invertébrés, comme des coléoptères et des araignées, et peut servir de refuge à certains animaux pendant les périodes froides. En se décomposant, elle apporte aussi de la matière organique au sol et nourrit les organismes qui participent à sa transformation. Ce processus dépend toutefois de l’humidité, de l’épaisseur de la couche et du type de feuilles. Une accumulation compacte et détrempée n’a pas les mêmes effets qu’un tapis léger et aéré.

Sous les haies et au pied des arbustes, les feuilles mortes forment souvent un abri discret pour la petite faune. Vous pouvez en conserver une couche dans ces zones, en particulier là où elle ne recouvre pas de jeunes plantations. Elles peuvent aussi être entassées dans un coin peu fréquenté du jardin : ce petit tas devient un micro-habitat, c’est-à-dire un espace aux conditions particulières qui accueille des organismes adaptés. Les animaux présents varient selon le lieu et ses aménagements ; la présence d’un tas ne garantit donc pas qu’une espèce précise s’y installera.

Un petit coléoptère se cache parmi les feuilles mortes sous une haie.
Les feuilles au pied d’une haie peuvent servir de refuge à de petits invertébrés.

Sur la pelouse, en revanche, une couche épaisse peut priver l’herbe de lumière et favoriser son dépérissement. Il est alors possible de retirer les feuilles et de les déplacer sous une haie, autour d’arbustes ou dans un compost. Gardez les allées et les marches dégagées pour limiter les risques de glissade, surtout lorsqu’elles sont mouillées. Si certaines feuilles portent des signes marqués de maladie, évitez de les disperser dans les massifs : mieux vaut les gérer séparément, en tenant compte des consignes locales de compostage. Les feuilles ramassées n’ont pas besoin d’être brûlées.

Un entretien différencié consiste à adapter les gestes aux différents espaces du jardin, plutôt qu’à appliquer partout le même niveau de nettoyage. En laissant des feuilles dans quelques endroits abrités et en dégageant les surfaces de passage, vous conciliez besoins de la faune et usages quotidiens. Observez aussi ce qui se décompose bien d’une saison à l’autre : la nature du sol et les espèces d’arbres influencent le résultat. Ce choix modeste ne transforme pas à lui seul un jardin en refuge, mais il peut préserver des abris et de la matière organique là où ils sont les plus utiles.